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Les patients dont l'aire visuelle primaire
du cortex cérébral est lésée se
disent aveugles et se sentent incapables de discerner quoi
que ce soit dans leur environnement. Mais si on leur demande
de «prendre une chance» et de pointer du doigt
un point lumineux dans l’espace, ils vont pointer droit
sur la cible. Et les résultats montrent qu'il ne s'agit
pas uniquement de hasard. On appelle ce phénomène
la vision aveugle.
Une partie de l'information visuelle est donc tout de même
traitée, malgré les voies nerveuses détruites
dans V1. Des voies de transfert encore mal connues ne passant
pas par V1 pourraient être impliquées, tout comme
certains noyaux visuels sous-corticaux. Certains
pensent aussi que la voie
visuelle dorsale serait impliquée
dans ce phénomène.
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Du point
de vue fonctionnel, l’œil peut être comparé
à un appareil photo et la
rétine à la pellicule photographique.
En effet, le rôle de l’appareil photo est
de concentrer sur le film une image nette ni trop sombre
ni trop lumineuse. On y parvient grâce à
la bague de mise au point qui met l’objet au foyer
et au diaphragme qui s’ouvre et se ferme pour laisser
passer juste la bonne quantité de lumière
pour la sensibilité du film. |
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Notre œil fait exactement la même
chose, à tout moment de la journée, et sans même
que nous en ayons conscience ! La
mise au point est assurée par la cornée et le cristallin,
alors que l’iris s’occupe d’ajuster la luminosité
optimale pour notre rétine. Celle-ci, avec ses
nombreuses couches de neurones, est toutefois beaucoup plus
complexe et sensible qu’une pellicule photographique. Il faut
aussi noter que l’image reçue au niveau de la rétine
est inversée, tout comme l’est celle qui s’imprime
sur la pellicule d’un appareil photo.
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Si l’on passe en revue les principales composantes
optiques de l’œil, on a d’abord la cornée
qui forme la surface externe transparente et légèrement
bombée au centre de l’œil. Comme la cornée
ne possède pas de vaisseaux sanguins, elle prend ses
nutriments dans le milieu qui est situé derrière,
l’humeur aqueuse, ainsi que dans celui
qui est situé devant, les larmes répandues par
le clignement des paupières.
La lumière traverse ensuite le cristallin,
véritable lentille qui baigne entre l’humeur
aqueuse et l’humeur vitrée qui
remplit l’intérieur de l’œil.
La pupille est le terme employé
pour désigner l’orifice qui permet à la
lumière d’entrer dans l’œil et d’atteindre
la rétine; elle paraît noire à cause de
la couche de cellules pigmentées qui tapissent le fond
de l’œil et qui absorbent la lumière.
Le diamètre de la pupille est contrôlé
par l’iris, un muscle circulaire dont
la pigmentation donne la couleur à l’œil
et la contraction lui permet de s’adapter continuellement
aux différentes conditions d’éclairage.
Ainsi, la nuit, on aura de grandes pupilles noires parce que
notre iris est ouvert au maximum pour laisser entrer le peu
de lumière disponible. C’est ce qu’on appelle
le réflexe pupillaire. On peut l’observer
facilement en regardant ses yeux dans un miroir et en ouvrant
et fermant la lumière de la pièce.
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Le fond de l’œil est pour
sa part tapissé par la rétine qui capte les rayons
lumineux. Le nerf optique, formé par les
axones des cellules
ganglionnaires de la rétine, quitte ensuite l’œil
par l’arrière pour rejoindre le
premier relais visuel dans le cerveau.
| LES CIBLES DU NERF OPTIQUE |
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Les axones des cellules
ganglionnaires de la rétine se rassemblent pour
former le nerf optique. C’est par lui
que l’information visuelle, maintenant traduite en influx
nerveux se propageant le long du nerf, se rendra jusqu’aux
différentes structures cérébrales responsable
de l’analyse du signal visuel.
Les nerfs
optiques quittent donc les deux yeux au niveau des disques
optiques et se réunissent pour former le chiasma
optique juste en avant de l’hypophyse.
Le chiasma optique permet la
décussation d’un certain nombre d’axones
en provenance de la rétine, c’est-à-dire
leur changement de côté pour assurer le traitement
croisé de l’information visuelle.
Les axones en provenance du côté nasal de
la rétine vont changer de côté au
niveau du chiasma optique pour faire en sorte que la
moitié gauche du champ visuel soit perçue
par l’hémisphère cérébral
droit, et vice-versa. Comme la partie de la rétine
du côté des tempes reçoit déjà
son information du champ visuel qui lui est opposé,
ses axones n’ont pas besoin de changer de côté
et continuent tout droit dans le tractus optique.
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La grande majorité des fibres nerveuses du tractus
optique projette sur le
corps genouillé latéral (CGL) dans la partie
dorsale du thalamus, le relais principal de la voie qui mène
au cortex
visuel primaire. Cette projection du CGL vers le cortex
visuel porte le nom de radiation optique.
Comme une lésion à quelque site que ce soit
le long de la voie qui va de la rétine au cortex entraîne
des cécités plus ou moins importantes, il est
clair que c’est par cette voie que se fait la
perception visuelle consciente chez l’humain.
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| LES DIFFÉRENTS CORTEX VISUELS |
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L’image que capte notre
oeil est transmise au cerveau par le
nerf optique. Celui-ci se termine sur les cellules du
corps
genouillé latéral, premier relais des voies
visuelles. Les cellules du corps genouillé latéral
(ou CGL) vont ensuite rejoindre leur cible principale : le
cortex visuel primaire. C’est là que
l’image va commencer à être reconstituée
à
partir des champs récepteurs des cellules de la rétine.
Aussi appelé cortex strié
ou simplement V1, le cortex visuel primaire
se situe dans la partie la plus postérieure du lobe
occipital du cerveau. En fait, une grande partie du cortex
visuel primaire n’est pas visible quand on regarde le
cerveau de l’extérieur parce qu’elle se
trouve de chaque côté de la scissure
calcarine. Cette scissure est toutefois bien visible
sur une coupe sagittale entre les deux hémisphères
cérébraux.
Le cortex visuel, avec
son organisation cellulaire particulière, correspond
aussi à l’aire 17 décrite
par l’anatomiste Brodmann au début du vingtième
siècle (voir capsule outil à gauche).
La cortex visuel primaire envoie une forte proportion de
ses connexions au cortex visuel secondaire
(ou V2) qui est formé par les aires
18 et 19 de Brodmann. Bien que la plupart des neurones de
l’aire visuelle secondaire aient des propriétés
semblables à celles des neurones de l’aire visuelle
primaire, plusieurs s’en distinguent en
répondant à des formes beaucoup plus complexes.
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L’analyse des stimuli visuels amorcée
dans V1 et V2 se poursuit ensuite à travers deux
grands systèmes corticaux de traitement de l’information
visuelle. La première est une voie
ventrale qui s’étend vers
le lobe temporal et serait impliquée dans la
reconnaissance des objets. La seconde est une voie
dorsale qui se projette vers le lobe pariétal
et serait essentielle à la localisation de l’objet.
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Comme pour d’autres systèmes
sensoriels ou même pour le
système moteur, il existe dans le
cortex visuel une correspondance entre la disposition
des éléments du champ visuel qui tombent
sur la rétine et leur disposition à la
surface du cortex. Pour le système visuel, on
parle de rétinotopie puisque
c’est la rétine qui sert de référence
aux cartes corticales des différentes aires visuelles.
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Dans ces cartes rétinotopiques, les points
de plus grande discrimination sensorielle, en
l’occurrence ici la
fovéa, ont une représentation
disproportionnée par rapport au reste de
la rétine. Dans le cortex visuel primaire
par exemple, la petite partie centrale de la rétine
occupe toute la partie postérieure de V1,
alors que toute la région périphérique
du champ visuel est analysée dans la région
antérieure restante.
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