|
|
|
Les différentes parties du cerveau qui contrôlent
le mouvement du corps peuvent subir des dommages pour différentes
raisons tout au long de notre vie (traumatisme crânien,
accident cérébro-vasculaire, maladie dégénérative
du cerveau, etc.). Un exemple typique est la destruction complète
du cortex moteur d'un seul côté du cerveau (dû
à un ACV par exemple). Le centre de commande volontaire
du mouvement étant détruit, il n'y a donc plus
de mouvements possible et c'est la paralysie complète
du côté opposé du corps (à cause
du contrôle
croisé).
|
 |
 |
| Le putamen et le noyau
caudé sont traversés par les axones myélinisés
de la capsule interne. Ces faisceaux de matière blanche
forment des stries qui se démarquent de la matière
grise des noyaux qu’ils traversent, d’où
l’appellation de corpus striatum souvent
employée pour désigner l’ensemble de ces
structures nerveuses.
De même, la forme du putamen et du globus pallidus qui
rappelle celle d’une lentille donne à ces deux
noyaux pris collectivement le nom de noyau lenticulaire. |
|
Le cervelet est formé de plusieurs lobes et lobules
qui, à la manière des circonvolutions du cortex
cérébral, contribuent à accroître
considérablement la surface du cortex du cervelet (on
dit aussi du cortex « cérébelleux »).
Cette grande surface de matière grise procure au cervelet
une très forte densité de neurones. Si forte
que le cervelet, qui constitue seulement environ un dixième
du volume total du cerveau, contient plus de 50 % de l’ensemble
des neurones de ce même cerveau !
|
|
La localisation anatomique du cervelet aide à mieux
comprendre ses fonctions. Le cervelet est situé
en parallèle sur deux grandes voies nerveuses :
celles qui amènent les messages sensoriels vers les
zones du cortex qui en font l’analyse; et celles qui
partent du cortex et descendent vers muscles pour les faire
se contracter.
Le cervelet reçoit ainsi une copie de tout ce qui monte
vers le cortex sensoriel ou part du cortex moteur et descend
vers la moelle épinière. Il reçoit également
des informations issues de nombreuses autres aires du cortex
cérébral et de régions sous-corticales.
|
 |
 |
|
La production du mouvement est organisée en différents
niveaux de contrôle. Au niveau supérieur
se trouve le contrôle du cortex sur les mouvements volontaires.
Il s’agit de tous les mouvements qui requièrent
une coordination et un précision adaptée à
une situation particulière grâce aux informations
apportées par nos sens.
Le niveau le plus élémentaire est contrôlé
par la moelle épinière seule, sans même
avoir recours au cerveau. Les neurones de la moelle épinière
prennent ainsi en charge les
mouvements réflexes et les mouvements rythmiques
à l’origine de la marche.
Entre les deux se situent toutes sortes de mouvements comme
ceux qui permettent la respiration qui, comme ceux de la marche,
ont une composante automatique mais peuvent être aussi
modifiés volontairement (retenir son souffle, courir,
etc.)
|
|
|
|
La commande de tous nos mouvements volontaires provient de
notre cerveau. Une des régions les plus impliquées
dans le contrôle de ces mouvements volontaires est le
cortex moteur.
 |
Le cortex
moteur est situé à l’arrière
du lobe frontal, juste avant le sillon central qui sépare
le lobe frontal du lobe pariétal. On subdivise
le cortex moteur en deux grandes aires, l’aire 4
et l’aire 6. L’aire 4, que l’on désigne
aussi comme le cortex moteur primaire, forme une
mince bande qui longe le sillon central alors que l’aire
6 s’étend immédiatement en avant de
l’aire 4. L’aire 6 est plus large et se
subdivise encore en deux sous-régions distinctes. |
Pour réaliser des
mouvements dirigés vers un objectif, notre cortex
moteur va recevoir de l’information des différents
lobes du cerveau. Ainsi, il sera renseigné sur
la situation du corps dans l’espace par le lobe pariétal,
sur les objectifs à atteindre et le choix d’une
stratégie appropriée par la partie antérieure
du lobe frontal, sur les souvenirs d’anciennes stratégies
par le lobe temporal, etc.
En 1870, Hitzig
et Fritsch stimulent électriquement certaines
parties du cortex moteur d'un animal. Selon la région
stimulée, ils observent la contraction de
parties différentes du corps. Puis ils constatent
qu'en détruisant la même petite région
corticale, ils créent une paralysie de la
partie du corps correspondante. C'est ainsi que
l'on découvrit que chaque partie du corps
est associée à une région précise
du cortex moteur primaire qui en contrôle
le mouvement.
Mais ce qu’il y a de particulier avec cette
« carte motrice », c’est
que certaines parties du corps y occupent beaucoup
plus de place que d’autres. C’est pourquoi
ces parties, qui sont celles qui ont le plus de
finesse dans le mouvement, sont représentées
en plus gros sur le dessin. |
 |
|
|
|
Ces ganglions, ou amas de cellules nerveuses, sont étroitement
interconnectés et reçoivent également
des informations en provenance de plusieurs régions
du cortex cérébral. Une fois traitée
par les ganglions de la base, cette information retourne au
cortex moteur en passant par le thalamus.
L’une des fonctions de cette boucle, qui
s’ajoute à celle impliquant le cervelet,
est vraisemblablement de sélectionner et de déclencher
des mouvements volontaires harmonieux.
Ce rôle dans l'initiation et le bon déroulement
de la commande motrice apparaît clairement chez les
personnes dont les ganglions de la base sont endommagés,
comme c’est le cas lors de la maladie de Parkinson par
exemple. On observe alors chez ces patients de la difficulté
à commencer les mouvements qu'ils ont planifiés,
des tremblements ainsi qu’une lenteur dans l’exécution
de leurs gestes.
|
 |
Pour effectuer
un geste simple comme se toucher le nez avec le doigt,
commander aux muscles de se contracter ne suffit pas.
Car pour que les différents segments du bras se
déploient avec harmonie, il faut qu’une ‘’horloge’’
interne puisse régler avec précision l’enchaînement
et la durée des mouvements élémentaires
de chaque segment. Cette horloge, c’est le cervelet. |
|
Comme souvent en neurobiologie, pour
avoir une idée de ce que fait concrètement le cervelet,
on peut observer des patients qui ont eu une partie de leur cervelet
détruite (à la suite d’une tumeur ou d’un
ACV, par exemple). Lorsque ces patients cherchent à atteindre
un objet, le mouvement de leur main démarre avec retard,
s’avance de manière erratique, arrête avant la
cible ou s’accélère souvent au-delà de
celle-ci. Au niveau de la posture, des troubles de l'équilibre
qui rappellent celui d'un homme ivre sont aussi très caractéristiques
d'une personne au cervelet endommagé. De fait, la maladresse
qui accompagne l’excès d’alcool
sont directement en rapport avec ses effets dépresseurs sur
l’activité du cervelet.
Une autre métaphore résume assez
bien le rôle du cervelet : celui d’un contrôleur
aérien qui collecte une quantité incroyable d’informations
incluant la position du membre et de la cible à chaque instant,
la vitesse du mouvement et l’influence d’obstacles potentiels
pour permettre un « atterrissage » en douceur de votre
doigt sur votre nez, par exemple.
| LA SÉQUENCE D'ACTIVATION DES AIRES MOTRICES |
|
Le cerveau sert essentiellement
à produire
des comportements qui sont d’abord et avant tout
des mouvements. Plusieurs régions du cortex cérébral
sont impliquées dans le contrôle de nos mouvements.
Ces régions montrent une organisation hiérarchique
semblable à celle de l’équipage d’un
bateau. Sur une galère par exemple, c’est le
capitaine qui détermine et planifie la destination
d’un voyage en évaluant les différents
facteurs qui motivent la traversée. Ses lieutenants
calculent ensuite la direction que doit prendre le bateau
pour y arriver en fonction des conditions climatiques. Ils
transmettent finalement leurs consignes aux rameurs qui impriment
son mouvement et sa direction au bateau.
| Dans notre cerveau,
la planification du mouvement se fait
surtout dans la partie avant du lobe frontal. Celle-ci
est informée par plusieurs autres régions
du cortex de la situation dans laquelle se trouve l’individu.
Ce «capitaine» transmets ensuite ses ordres
à l’aire 6 où le choix d’un
ensemble de muscle à contracter pour réaliser
le mouvement se fait. Les «lieutenants» de
l’aire 6 transmettent ensuite leurs ordres aux «rameurs»
du cortex moteur primaire (aire 4) qui vont activer
des muscles ou des groupes de muscles précis
par l’entremise des motoneurones de la moelle épinière. |
 |
Pour un geste aussi simple que prendre un verre d’eau
avec la main, il est pratiquement impensable d’essayer
de spécifier la séquence, la force, l’amplitude
et la vitesse de contraction de chacun des muscles impliqués.
Pourtant, si l'on est en santé, on fait tous ce geste
le plus simplement du monde sans avoir à réfléchir.
La décision de prendre un verre d’eau s'accompagne
d'une augmentation de l’activité électrique
dans la région frontale du cortex. Grâce à
leurs axones, ces neurones du cortex frontal vont par la suite
activer le cortex moteur proprement dit qui, avec l'aide de
l'information fournie par le
cortex visuel, va déterminer la trajectoire idéale
pour atteindre le verre. Pour ce faire, il mettra à
contribution d'autres régions du cerveau comme les
noyaux gris centraux et le cervelet qui aident à
initier et à coordonner la séquence de muscles
à activer.
Les axones des neurones du cortex moteur primaire descendent
jusque dans la moelle épinière. C'est là
que se fait le dernier relais avec les neurones moteurs de
la moelle. Ceux-ci sont connectés directement aux muscles
et provoquent leur contraction. Et c'est en tirant sur les
os que les muscles déclenchent enfin le mouvement qui
va permettre de saisir le verre.
De plus, pour que les mouvements soient coordonnés,
précis et rapides, le système nerveux doit continuellement
recevoir des informations sensorielles du monde extérieur
pour adapter et corriger sa trajectoire. Il y parvient surtout
grâce au cervelet
qui reçoit des propriocepteurs la position des articulations
et du corps dans l'espace. |
|
|