L’ovule fécondé se divise d’abord
en en deux, puis en quatre, puis en huit, etc… Ce type
de division cellulaire, appelé mitose,
va donc faire augmenter de façon exponentielle le nombre
de cellules dans l’embryon. C’est le processus
qui prédomine au tout début du développement
de tous les organismes multicellulaires. Il sera à
l’origine, chez l’adulte, des 100 trillions
de cellules (ou 100 000 milliards) du corps humain ! Un chiffre
astronomique si on le compare aux 30 000 gènes
humains qui constituent les plans responsables
de la mise en place de toutes ces cellules…
Le développement embryologique qui se produit durant
les 9 mois de la gestation humaine est donc une chorégraphie
d’une grande précision qui permet de positionner
précisément chaque représentant des 300
types de cellules que l’on retrouve dans le corps humain.
Chez l’humain, le processus de développement
se poursuit chez le nouveau né qui doit raffiner par
exemple son système immunitaire et faire les ajustements
fins de son système nerveux.
Les premiers stades de développement embryonnaire
sont cruciaux pour la formation du système nerveux.
Ils nécessitent une coordination parfaite que peut
perturber, surtout dans le premier trimestre de la grossesse,
une mauvaise alimentation de la mère, des épisodes
de fièvre, la prise d’alcool
ou d’autres drogues.
Ceci dit, il naît tout de même environ 9 000 bébés
à chaque heure dans le monde et la grande majorité
sont en santé avec un cerveau parfaitement développé,
et ce, parfois malgré des conditions de développement
difficiles.
Les neurones du cortex conservent aussi durant toute la vie
une grande plasticité.
Cette capacité de modifier l’efficacité
des connexions synaptiques est beaucoup moins marquée
dans les régions cérébrales plus primitives
comme le tronc cérébral.
DE LA FÉCONDATION
À L'EMBRYON
Il nous est très difficile de concevoir comment un
être humain, avec les capacités intellectuelles
complexes que lui confère son cerveau, peut se développer
à partir d’un embryon. Et à plus forte
raison à partir de la cellule unique qui est à
l’origine de l’embryon.
Or pour comprendre comment
se développe notre système nerveux, il nous
faut justement remonter jusqu’à la première
cellule du corps humain, ou plutôt les deux premières
cellules…
En effet chez l’humain, comme chez toutes les espèces
à reproduction sexuée, le matériel génétique
d’un individu lui vient à 50 % de sa mère
et à 50 % de son père. Il y a donc des cellules
spéciales qu’on appelle gamètes qui sont
produites par les deux sexes et qui, en se fusionnant, vont
former la première cellule avec toute l’information
nécessaire pour fabriquer un nouvel individu.
Les gamètes femelles et mâles diffèrent
grandement chez l’humain : un gros ovule produit par
la femme chaque mois comparé à 200 ou 300 millions
de minuscules spermatozoïdes produits par l’homme
en un jour ! Lors de l’ovulation chez la femme, l’ovule
est éjecté de l’ovaire et transporté
vers l’utérus à travers les trompes de
Fallope.
Les spermatozoïdes produits par les testicules de l’homme
et introduit dans le vagin par l’éjaculation
vont remonter dans l’utérus et les trompes de
Fallope grâce à leur flagelle mobile. Les spermatozoïdes
sont attirés par l’ovule dont ils doivent digérer
l’épaisse membrane avant de s’y introduire.
Dès qu’un spermatozoïde pénètre
à l’intérieur de l’ovule, il y déclenche
des changements chimiques qui empêchent l’entrée
des autres spermatozoïdes.
Bien que la contribution en terme de matériel génétique
entre l’ovule et le spermatozoïde soit équivalente,
l’apport en cytoplasme du spermatozoïde est négligeable
par rapport à celui de l’ovule. Chez les mammifères,
la fécondation est complétée
une douzaine d’heures plus tard alors que le noyau de
l’ovule fusionne avec celui du spermatozoïde pour
former la première cellule contenant tout le matériel
génétique du nouvel organisme.
Tout être humain a commencé sa vie ainsi, comme
un simple ovule fertilisé par un spermatozoïde.
La taille de cette première cellule, aussi appelé
zygote, étant environ le cinquième de celle
du point à la fin de cette phrase.
Celle-ci va ensuite se diviser en 2 cellules, puis en 4, en
8 en 16 etc, aboutissant ainsi à un amas sphérique
de cellules. On emploie souvent le terme de segmentation
pour décrire cette première étape du
développement. Cette boule se creuse ensuite progressivement
d’une cavité alors qu’elle quitte la trompe
de Fallope pour s’implanter dans la paroi de l’utérus.
C’est seulement à ce moment que vont naître
les trois
couches de cellules qui vont être à l’origine
de tous les organes de notre corps, y compris le système
nerveux.
Le potentiel de développement
d’une cellule définit le nombre de types
cellulaires différents qu’elle peut engendrer.
Les cellules
souches sont ainsi dites « pluripotentes
» car elles peuvent se différencier en
plusieurs types de neurones et de cellules gliales.
Seul le zygote et les deux ou quatre premières
cellules qu’il produit en se divisant peuvent
former absolument toutes les cellules du corps. On dit
que ces cellules sont « totipotentes ».
C’est d’ailleurs la séparation précoce
de ces cellules qui produira le développement
de jumeaux identiques. Les jumeaux
non identiques, eux, partagent 50% de leurs
gènes comme des frères et sœurs puisqu’ils
proviennent de la fécondation de deux ovules
par deux spermatozoïdes différents.
LA MISE EN PLACE DU SYSTÈME NERVEUX
Le
système nerveux humain commence à se former
très tôt durant le développement de l’embryon.
À la fin de la phase de gastrulation,
une structure allongée, la notocorde, se met en place.
L’embryon va alors passer d’une structure circulaire
à une structure allongée, étape primordiale
pour le développement du système nerveux.
La notocorde envoie à la couche de cellules située
juste au-dessus d’elle (l’ectoderme)
un signal qui va amener certaines d’entre elles à
former la première structure à l’origine
du système nerveux, la plaque neurale.
C’est le début du développement de notre
système nerveux, processus aussi appelé neurulation.
L’étape suivante de ce processus survient lorsque
les bords de la plaque neurale commencent à se replier
vers l’intérieur, formant une gouttière
neurale. Celle-ci va bientôt se refermer complètement
pour former un tube neural à partir
duquel se construira la totalité du cerveau et de la
moelle
épinière.
Les cellules qui forment l’intérieur du tube
neural, en plus d’être à l’origine
du cerveau et de la moelle épinière, vont également
donner naissance à la crête
neurale, autre structure importante pour la suite de la
mise en place de toutes les composantes du système
nerveux.
L’apparition de vésicules dans la partie rostrale
du tube
neural est une étape importante du développement
puisque ce sont ces vésicules qui vont devenir le cerveau
des vertébrés. De leur côté, les
invertébrés comme les insectes ou les mollusques
n’ont pas de cerveau à proprement parler, seulement
des ganglions (ou amas de cellules nerveuses) répartis
à différents endroits dans leur corps. Certains
invertébrés comme les pieuvres ont cependant
un ganglion cérébral très développé.
Le
tube neural du jeune mammifère est d’abord
une structure droite. Puis, avant même que la partie
caudale du tube neural n’ait commencé à
se développer, la partie rostrale subit des changements
spectaculaires. Au début de la 4e semaine, le tube
neural s’incurve et se subdivise en trois renflements
qu’on appelle les vésicules primaires
(ou primitives).
De l’avant à l’arrière, ces
vésicules seront respectivement à l’origine
du prosencéphale (ou cerveau antérieur),
du mésencéphale (ou cerveau
médian) et du rhombencéphale
(ou cerveau postérieur). À partir du rhombencéphale
se poursuit le tube neural qui donnera naissance àla
moelle épinière.